19 mars 2015

Z pour Zee End

Z pour Zee End.  Comme la jeunesse, tout à une fin, même l'alphabet. Aujourd'hui, jour de tes 18 ans, tu quittes l'enfance définitivement (au sens québécois) et j'en profite pour mettre une dernière main sur cet abécédaire épistolaire urbain. J'ose croire que tu y as appris des choses intéressantes et que tu te sens plus à l'aise dans la grande ville après quelques mois à y résider.

Je comprends que jusqu'à date, tu as surtout orbité autour du Cégep, la résidence étudiante et les arénas. Je t'imaginais voguer plus souvent à la découverte de nouveaux lieux, mais je réalise que dans les derniers mois, tes temps libres baignent surtout dans des odeurs de vestiaire quand ils ne portent pas la fragrance minérale du crayon qui glisse sur le papier mat des cahiers scolaires. Pour le reste, l'autobus Limocar est un peu devenu ta navette spatiale pour les retours fréquents à la base familiale. Tout ça témoigne de ta détermination à atteindre tes objectifs, mais aussi que tu as vite compris qu'on peut très bien faire son nid ailleurs tout en demeurant en symbiose avec son noyau familial. Surtout quand on peut ramener son sac de lessive et repartir avec un sac d'épicerie. Ça, je l'avais prescrit dès la lettre A. Tu apprends vite.

J'avais visualisé la grande joie qui m'habite dans tout projet d'écriture, mais je n'avais pas cru en apprendre autant et surtout m'aventurer dans autant de zones marginales en écrivant à ma nièce. En opposition à des A, B, C, D assez inoffensifs, on a eu des G, I, P et X plutôt osés.  Je sais que tu as particulièrement apprécié les thèmes qui te touchent de plus près comme le C, le K, le L, le O ou le U, mais que les sujets aient été ou non dans ton cercle d'intérêt, j'ai toujours senti une véritable écoute vis à vis celui qui essaie de toutes ses forces d'être un mentor utile, ressourçant, en se permettant parfois d'être un brin impertinent.

J'ai longtemps pensé à associer une chanson comme trame sonore à cette dernière missive. J'avais d'abord pensé à la très populaire Deux par Deux Rassemblés de Pierre Lapointe. Cet hymne à la vie frappe dans le mille pour ce qu'on aimerait dire à une fille (femme) de 18 ans pleine de talent qui a toute la vie devant elle: "Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber.  Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver".  C'est quelque chose que j'aurais aimé écrire.

J'ai penché aussi pour la suite Golden Slumbers-Carry That Weight-The End qui est très à propos. Cette triade de pièces qui conclut Abbey Road, le dernier album des Beatles, est surtout une complainte de Paul qui se désole de la dislocation nécessaire du groupe. Cependant, dans sa maturité créatrice, il a réussi quand même à raffiner suffisamment le texte pour qu'on puisse y trouver en quelques minutes le cycle complet de la vie. Commençant par une tendre ballade qui promet la berceuse qui réconforte la fillette avant son sommeil: "Sleep pretty darling, do not cry and I will sing a lullaby", le quatuor enchaîne avec un chant tonitruant presque militaire qui annonce le tumulte d'une vie adulte faite de grandes attentes souvent déçues: "You're gonna carry that weight a long time... in the middle of the celebration I break down". The End, la pièce finale, en plus de nous donner une des plus mémorables leçon de guitare électrique de tous les temps et le seul solo de batterie enregistré par les Beatles, nous laisse avec cette phrase simple, mais monumentale: "And in the end, the love you take is equal to the love you make" -> "Au final, l'amour que tu reçois équivaut à l'amour que tu donnes".  C'est presque la loi de conservation de la chimie appliquée à notre façon de se traiter soi-même, de s'impliquer dans nos projets et surtout de transiger avec les autres. L'autre chose à comprendre, c'est que ça finit par finir, ça peut durer à peu près 100 ans et qu'on a juste une chance de bien faire. Il faut donc cultiver ses passions, ne gaspiller aucun rêve, connecter le mieux possible avec nos congénères et garder les deux pieds sur terre.

Mais malgré la place de choix qu'ils occupent dans mes préférences musicales, je n'ai pas choisi les Beatles pour bercer la clôture de cette série de lettres. J'ai plutôt pigé dans le répertoire d'une autre bibite célèbre, Bob Dylan. La chanson que j'ai choisie en est une de rupture amoureuse, mais ça n'a aucune importance, car ce vieux routier du folk a toujours dit de ceux qui cherchaient des significations profondes et précises à ses textes perdaient un peu leur temps, car en bon poète, il choisit les mots et les rimes juste en fonction de la beauté qu'il perçoit et comme pour la peinture, c'est à chacun son interprétation. La chanson est You're a Big Girl Now. (T'es une grande fille maintenant).

Je suis peut-être un sentimental fini, mais le thème de cette chanson triste vient me prendre à la gorge à chaque fois. Je déplace immanquablement le propos du texte vers ma nostalgie de la jeunesse qui s'évapore (Time is a jet plane, it moves too fast). Je ne me suis pas reproduit, mais la chance que j'ai d'avoir vu grandir de près mes neveux et nièces m'a transformé au point où l’occurrence de leur départ du noyau familial m'angoisse silencieusement. Chaque fois que j'entends ce râle de douleur après la première mesure de chaque couplet, je ne peux m'empêcher de faire fast-forward vers le vide de votre absence après qu'un à un, vous vous serez affranchis de nos ficelles pour faire votre vie. C'est comme une mini-rupture chaque fois, dans l'ordre des choses certes, mais ça me pince le coeur de l'envisager (like a corkscrew to my heart).

Mais voilà, je dois cesser de me désoler sur le chemin solitaire de la vieillesse qui nous guette. Mets le son dans le tapis et la vidéo plein écran...

18 ans, ce n'est pas une fin, c'est un commencement. Tu es une grande fille maintenant, you made it there somehow, you're a big girl now, you're a big girl all the way...




05 mars 2015

Y pour YUL


Y pour YUL.  Tu pensais que j'avais touché le fond avec XXX, mais contrairement à ce que tu crois, je n'ai pas choisi le prénom de l'acteur Yul Brynner ou les trois premières lettres de mon mot de passe, mais bien un code qui a une grande signification pour la ville. C'est le code de l'aéroport Montréal-Trudeau (Dorval). Tous les aéroports du monde ont un code à trois lettres assignées par l'IATA et à Montréal (Dorval), c'est YUL.

Si les grands penseurs avaient vu juste il y a 46 ans, on parlerait plutôt de YMX (Mirabel), mais l'histoire en a décidé autrement. En 1969, le gouvernement fédéral mettait la main sur 100 000 acres de terre, conduisant à l'expropriation de milliers de personnes et de terres agricoles dans le but de développer ce qui était pour devenir l'aéroport principal de Montréal. Le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau promettait alors un achalandage monstre pour l'avenir, prévoyant des dizaines de millions de passagers. Il fallait donc beaucoup de terrain pour une expansion à la hauteur de ces grandes ambitions. Si le plan avait été accompli au complet, YMX serait devenu le plus grand aéroport du monde (pour l'époque). Des municipalités comme Ste-Scholastique et St-Janvier en sont disparues de la carte et des milliers de résidents n'ont jamais digéré perdre leur patelin et leur propriété. On aurait probablement oublié l'affront si tout ça s'était vraiment réalisé, mais le projet n'a jamais dépassé la phase 1 et Dorval est demeuré l'aéroport no 1 jusqu'à aujourd'hui. Le terminal aérogare de Mirabel a même récemment été détruit et l'aéroport ne sert maintenant que pour les marchandises et les vols d'essai. Quel fiasco et surtout quel affront aux expropriés de voir qu'on a en plus honoré Trudeau en rebaptisant l'aéroport de Dorval à son nom...


D'aucuns diront que c'est facile à dire 46 ans après et que la vision aurait peut-être pu se réaliser. En effet, en 1969, Montréal était encore la métropole du Canada, on venait de s'ouvrir sur le monde avec Expo 67 et la ville avait obtenu la tenue des Jeux Olympiques de 76. Cependant, la crise d'octobre 70, la montée du nationalisme et l'élection du Parti Québécois en 1976 a graduellement favorisé (pour les mauvaises raisons) Toronto comme place d'affaires et nombre de sièges sociaux se sont déplacés autour du domicile des Maple Leafs. Montréal s'est révélé dans les années 80 une grande métropole culturelle, mais T.O est depuis la capitale économique du pays. Et qui dit capitale économique dit plaque tournante du trafic aérien. C'est ainsi que la plupart des vols internationaux sans escale se font presque tous de Toronto au détriment de Dorval qui fait tout de même transiter plus de 14 millions de passagers chaque année. Au final, je pense que Mirabel était tout de même un mauvais choix, loin du centre-ville, alors qu'on avait déjà un site comme Dorval directement sur l'île.

Tout ça pour dire que si un jour tu te retrouves outre-mer ou outre-frontière avec ta poche de hockey ou ton pack-sac, c'est le YUL sur ton étiquette de bagage qui pointera tes valises dans notre direction pour le chemin du retour, en espérant que c'est écrit la même chose sur ton billet passager, car on voudrait que tu reviennes en même temps que tes fringues. On t'aime bien mais de là à faire ton lavage avant ton arrivée, y a toujours b'en des limites.

Malgré que c'est toujours agréable de voir de nouveaux pays et de nouvelles cultures, à chaque fois que je voyage pour une période la moindrement longue, c'est toujours avec une petite émotion que je contemple le YUL qui identifie la destination finale de ma valise quand je m'enregistre sur les vols du retour à la maison. C'est beau voyager, mais ça fait aussi doublement apprécier le confort de notre chez-nous et la chaleur de la famille et des amis, qui dans notre cas gravitent pour la plupart autour de YUL.


Je dois bien avoir une cinquantaine de codes à trois lettres dans notre collection de souvenirs. Bien que ça peut être vraiment désagréable de se faire "barouetter" comme du bétail à l'embarquement, c'est toujours excitant d'atterrir dans une nouvelle destination. L'arrivée dans le noir à JRO est mémorable et un peu terrifiant. Le souvenir du vent qui secoue l'appareil de 19 passagers à LPZ mouille encore mes paumes. Chaque passage à CDG nous rappelle l'endroit où on a appris la naissance de Julien.

Je souhaite ardemment que tu puisses un jour poser tes valises à BUD pour son charme suranné, à BCN pour son insatiable vie nocturne, à EZE pour son exubérance désinvolte, à SGN qui se croque comme un fruit tropical ou à PRG pour son seul Pont Charles et peut-être ses équipes de la KHL. Je te souhaite sincèrement que tu puisses un jour descendre à LHR ou CDG pour autre chose qu'une triste escale et que tu puisses découvrir ces cités éternelles mieux que nous. Monia et moi n'avons encore jamais pris le temps d'explorer ces centres historiques de l'univers. (Tu peux t'imaginer combien je me délecte de jouer à te faire deviner et chercher ce qui se cache derrière tous ces codes).

Avant que tu entreprennes une carrière de globe-trotteuse, je pense que dans un futur proche, il n'est pas impossible que tu trouves JFK, BOS, YYZ ou même LAX pour accompagner le YUL sur ton équipement. Un tournoi à LAX, c'est peut-être un peu "long shot", mais avec Gary Bettman qui insiste pour avoir du hockey à LAS avant YQB, je ne verrais pas d'un mauvais oeil qu'une équipe féminine de chez-nous aille donner des leçons de hockey à des bimbos californiennes. Il est permis de fabuler. Et tant qu'à rêver, tu peux même oser espérer coller une étiquette à bagages YUL-YNY en 2018 sur ta poche de hockey. Bon, il y aura sûrement une bonne tapisserie d'étiquettes pour faire la route entre YUL et YNY, mais c'est la destination qui compte (qui compte, la pognes-tu ?).  Ce qui me fait peur avec cette éventualité, c'est que Léo m'a déjà demandé si j'allais payer son billet le cas échéant. L'histoire ne dit pas si c'est le billet d'avion ou le billet pour la patinoire...  Mais j'imagine bien que si c'est pour arriver, tu ne seras pas la seule dans la famille à pouvoir dire que tu as atterri à l'aéroport de Yangyang...



07 février 2015

X pour XXX


X pour XXX.  Je rivalise d'originalité avec moi-même pour les dernières lettres de l'alphabet, n'est-ce pas ?  Ne t'inquiète pas, on n'aura pas à mettre la mention: "Cette entrée de blogue pourrait contenir des scènes pouvant ne pas convenir à certains lecteurs", nous allons rester dans la décence et le bon goût.

Montréal XXX. B'en oui. Si on faisait un top 10 des villes XXX en Amérique du Nord, on trouverait assurément Montréal dans la même tale que Las Vegas et Los Angeles. Las Vegas est un difficile point de comparaison, puisqu'il s'agit d'un grand centre d'amusement à ciel ouvert et Los Angeles ferait sa place dans la liste en s'illustrant comme le Hollywood de l'industrie pornographique. Ce classement n'est que fictif et tu me diras que ce ne serait pas vraiment un honneur pour la ville de se retrouver dans ce palmarès, mais sache que la ville entretient cette réputation en catimini. Il n'y a qu'à regarder le logo de Tourisme Montréal avec son gros bec de rouge-à-lèvres. T'avais pas remarqué ça, hein ?!

Sans trop s'en vanter, les autorités de la ville aiment bien que les touristes, États-Uniens en particulier, perçoivent Montréal comme un peu plus libertine que la moyenne. Ça permet de différencier la ville dans un créneau particulier, détournant l'attention de certains aspects moins vendeurs (comme les cônes oranges et nos voies rapides plutôt lentes). Certains évènements se collent subtilement bien à cette réputation. Par exemple, le Grand-Prix de Formule 1 qui attire son lot de clients en rut pour les agences d'escortes et les travailleuses(eurs) du sexe. Il suffit de se promener sur la rue Crescent la semaine de la course pour voir toutes ses "hôtesses" qui essaient d'émoustiller les douche-bags (et autres messieurs distingués) qui bavent devant les rutilantes Ferrari.

Mais même hors du Grand-Prix, Montréal demeure un endroit prisé par les étrangers qui n'ont pas accès à tant de stimulations visuelles (illicites dans leur pays), notamment au sud de notre frontière. Aux USA, plusieurs villes et états ont voté des règlements qui rendent illégal ou très compliqué l'exploitation d'un club de danseuses nues. Certains touristes facilement impressionnables en provenance de ces endroits (plus évolué ?) n'en reviennent tout simplement pas des degrés de "liberté" des bars locaux. Dans plusieurs des gentlemen's club américains (c'est comme ça qu'ils les nomment hypocritement), on ne sert pas d'alcool, l'âge légal est plus élevé, les filles ne sont pas complètement nues et il n'est pas question de toucher ou même de s'approcher. Malheureusement, pour certains Vermonters et même des Ontariens, leur visite au SuperSexe, Chez Wanda ou Chez Parée, sera le souvenir le plus grandiose qu'il retiendront de notre métropole.

J'ai l'air de m'y connaître, mais je ne pense pas être allé dans de tels établissement plus de trois fois dans mon existence. J'ai beaucoup de difficulté à regarder en face une personne qui est forcée de s'humilier devant moi, car bien que certaines diront qu'elles dansent nues par choix, je pense que c'est une infime minorité, bien franchement. Il y a beaucoup de drogue, d'exploitation et de crime organisé dans ce milieu et j'ai bien du mal à croire que toutes les filles s'adonnent à cet exercice plutôt dégradant de leur plein gré. 

J'ai peut-être tendance à trop voir ce qui se cache derrière le rideau (ou derrière le derrière), mais le peu de fois où je me suis retrouvé dans un endroit du genre, j'ai toujours éprouvé une grande gêne. Et puis les talons hauts en plastique transparent (mon souvenir le plus limpide), ça me donne envie de vomir. La première fois, c'était  Chez Parée, en 1990, dans le temps le nec plus ultra dans le genre. Cette fois-là, ce n'était pas pour suivre les autres, mais une curiosité de jeune adulte. Un peu intimidé dès mon entrée, j'ai été reçu par un placier (plutôt une brute bien baraquée en tuxedo) peu enclin à l'empathie devant un jeune blanc-bec qui n'a jamais rien vu. Comme je suis seul, il ne me donne pas une table, mais un siège le long du grand catwalk où la jeune dame nue s'exhibe en contortions exotiques. Ça sert aussi de bar où je déposerai ma consommation en espérant qu'une strip-teaseuse ne l'accroche pas. Après m'être timidement assis, je réalise que le portier reste à côté de moi. Ah, il veut un pourboire. Honnête: "Scuse, j'ai pas d'change". Impassible et ferme: "J'vas t'en faire !".  Il casse mon 20$ en quatre 5$. La bière est 6$ avant pourboire. Après plusieurs arabesques autour d'un poteau chromé, la fille termine en me regardant de haut tout en présentant un examen gynécologique public à un mètre de ma bière. J'ai beaucoup de difficulté à croire que quelqu'un fasse ça par choix éclairé à moins d'être exploité, en dette profonde ou au bord du désespoir.

La prostitution est aussi un problème répandu dans notre belle métropole, mais ça, ça existe depuis la nuit des temps. Que ce soit sous le principe de l'escorte ou de la putain de rue, les affaires sont meilleures pendant les festivals d'été. D'ailleurs, le GP de F1, c'est pour les travailleurs du sexe ce que Noël est aux commerçants. Disons qu'il n'y a pas que le champagne qui coule à flots. T'as peut-être tendance à croire qu'il vaudrait mieux interdire la pratique, pour les mêmes raisons qui me font abhorrer la danse nue, mais je dirais que la prohibition de produits ou de services pour lequel une grande demande existe a toujours un effet pervers, surtout qu'on dit que la prostitution, c'est le plus vieux métier du monde. Le gouvernement fédéral actuel, assez maladroit et hypocrite sur la question, a bien tenté de criminaliser la clientèle au lieu de punir les filles, mais cette loi engendre une plus grande clandestinité, ce qui met les travailleuses en danger d'autant plus. Je pense qu'il vaudrait mieux légaliser ce métier avec des balises, des milieux sécuritaires et des programmes pour permettre à plus de filles (et garçons) de s'en sortir (en partant de l'idée que ce n'est pas une carrière). Mais, il ne faut pas attendre de miracles progressistes de nos épouvantails conservateurs.


On a déjà entendu des filles (ou sont-ce des personnages de romans ou des légendes urbaines): "Je danse dans les bars pour payer mes études". Sans dire que ça ne s'est jamais fait, j'ai mes doutes sur la cohabitation de ces deux activités. Si un jour de pénurie financière, tu sens l'appel du poteau de danse, sache que nous préférons infiniment plus de te savoir en train de virevolter autour du poteau des buts. Les filles qui choisissent l'autre poteau, en plus de mettre leur dignité en jeu, marchent inévitablement vers une chute sans but dans les mailles du filet du crime organisé. Crois-moi, tu préfères continuer à poursuivre ton but en t'élançant vers les filets adverses, en patins, pas en talons de plastique...


Le X est derrière nous, vivement le Y.

11 janvier 2015

W pour World-Cup


World-Cup.  Tu vas dire que je triche avec des mots en anglais, mais j'ai préféré prendre un terme plus pertinent par rapport au sujet que je voulais aborder. Mon premier choix, Westmount, était trop excentré du thème pour apparaître en titre. En fait, comme je veux (re)parler du caractère multi-ethnique de Montréal, effleurant au passage des sujets déjà développés autour du A, du C et du G, je trouvais que l'anglicitude de la ville n'évoquait pas suffisamment l'exotisme dont il sera question ici.

La clôture
Westmount est quand-même une curiosité en soi, de même que Hampstead, Côte St-Luc et Mount-Royal, ces enclaves anglophones pures et dures non-fusionnées dans la grande-ville. Ce sont des endroits qui sont premièrement difficiles d'accès, moins bien intégrés au réseau de transport en commun par leur autonomie par rapport à Montréal, mais aussi parce qu'ils semblent aimer ça ainsi. Il y a même une clôture qui longe le Boulevard Acadie pour séparer Town of Mount-Royal du quartier Parc-Extension. On fermait les quelques portes de cette clôture à l'Halloween il y a quelques années (soi-disant pour éviter le vandalisme, mais probablement surtout pour soustraire les riches résidents de la visite des pauvres petits-monstres du quartier voisin). C'est peut-être encore le cas.
En haut de la côte

Dans le bas de la côte
Dans le quartier Sud-Ouest, ce n'est pas une clôture, mais le chemin de fer et l'autoroute Ville-Marie. Si tu as l'occasion de lire Bonheur d'Occasion de Gabrielle Roy, tu pourras t'imprégner de ce vieux clivage entre les deux côtés du chemin de fer. Je n'oublierai jamais mes promenades au delà des rails quand Monia et moi restions dans le quartier St-Henri (où le roman se déroule). En montant la Côte Glen, je pénétrais dans Westmount en passant sous le pont de train et j'entrais dans un autre environnement totalement différent du bas de la côte. C'était exotique par le seul décalage vertigineux d'espace par habitant. C'est vraiment dans ces randonnées pédestres urbaines que j'ai apprécié la pleine mesure de l'expression: "Born on the wrong side of the track".

Vingt-cinq ans plus tard, le quartier St-Henri s'embourgeoise petit-à-petit, les francophones comme Normand Brathwaite, Eugénie Bouchard s'installent à Westmount autant que les héritiers anglos. Peut-être que seul Hampstead s'embourbe dans la ghettoïsation avec son conseil municipal 100% juif anglophone. Sans aucune recette particulière, le reste de Montréal a justement résisté à cette tare si tenace à d'autres agglomérations comme Paris. Dans certains quartiers de Paris, les services d'urgence refusent de se présenter, la pauvreté et la polarisation religio-ethnique ayant créé un dangereux cocktail de violence et d'intégrisme. Bien sûr, Montréal n'est pas complètement homogénéisé. Avouons que l'ouest de l'ile est très anglicisée, que Montréal-Nord concentre beaucoup d'Haïtiens, que les juifs orthodoxes occupent plus qu'ils n'habitent leur quartier, mais il n'en demeure pas moins que ces concentrations sont mouvantes, qu'elles sont joliment intégrées dans le tissu urbain et qu'au lieu de se refermer sur elles-mêmes, la plupart s'ouvrent sur la ville entière.

Il suffit de parcourir la rue Jean-Talon d'Ouest en Est entre Viau et le Boulevard Acadie. On passe descannolis dans les pâtisseries italiennes aux poulet tandoori dans Parc Extension. On peut déguster un couscous royal dans les petits boui-boui algériens et syriens et coiffer le tout avec un café dans un des authentiques bars à espresso italiens de la Petite Italie tout près du Marché Jean-Talon qui met en valeur nos richesses culinaires indigènes.  Même chose si tu arpentes St-Laurent où ce sont des Portuguais, des Italiens, des Espagnols qui partagent leurs spécialités avec leurs bars, cafés et restaurants, sans oublier les Chinois si tu descends jusque dans le Vieux.


Il n'y a pas meilleur moment pour apprécier cette courtepointe multi-culturelle que pendant la Coupe du Monde de Soccer (World Cup). Cet évènement est à tous les 4 ans, la même année que les Jeux Olympiques d'Hiver depuis qu'ils se sont décalés des jeux d'été en 1994. La ville est hockey, le pays aussi, mais nous sommes l'exception. Partout ailleurs dans le monde, à part peut-être les vieilles colonies anglaises du sud-est asiatique qui sont crickets et un peu rugby ou les États-Uniens qui sont football et baseball, tous les Terriens sont soccer (ils sont football, mais je parle de soccer pour éviter la confusion avec le football américain).


Grâce à la richesse culturelle de Montréal qui s'est fondue dans la trame urbaine, les étés de Coupe du Monde sont électriques dans la ville. Les fans de soccer sont très démonstratifs, festifs et passionnés de leur sport. Pendant le mois que dure la Coupe, certaines rues, le boulevard St-Laurent particulièrement, se transforment en espace de fête publique presqu'ininterrompue. C'est le moment parfait pour (ré)apprendre ses drapeaux et refaire la carte des quartiers ethniques. Contrairement à l'animosité qu'on peut voir entre Habs et Bruns quand la tension des séries monte d'un cran, la très grande majorité des manifestations de joies lors de victoires (ou de défaites) est très civilisée, mais extrêmement démonstratives. Et avec la diversité qu'on a ici, quelque soit le résultat de chaque match, il y a toujours un gagnant.


Comme il n'y a pas vraiment de ghettos clairement délimités dans Montréal, ce sont les bars qui deviennent les pôles pour les partisans, grâce à la magie du câble et des écrans géants. Beaucoup de bars affichent leurs couleurs et accueillent majoritairement des partisans avec le drapeau de la bonne couleur. Tout ça reste bon enfant et sans trop de débordements de violence. Il n'est pas rare de voir trois ou quatre rangées de Portugais qui débordent du Café Olimpico rempli à craquer un soir de match. L'Barouf est un des pôles pour ceux qui encouragent les Bleus, le Club Social Argentin accueille les Portenos et la relative majorité des Italiens donne l'embarras du choix pour ceux qui suivent la Squadra Azzura. Les Brésiliens, les Grecs, les Africains, etc, ont tous leurs bars respectifs pour célébrer le ballon rond. C'est probablement un excellent moment de rapprochement pour ces communautés qui peuvent revenir un peu au pays de leurs ancêtres le moment d'un match.

Un excellent article du Journal Métro fait un sommaire intéressant des endroits où on peut aller voir les matches. Peut-être seras-tu encore dans la métropole pour la prochaine Coupe en 2018.


Je sais, je sais, il n'y a rien comme un bon match de la Coupe Stanley ou une finale Olympique Canada-USA, mais en plein été, je te garantis que l'atmosphère de la ville en Coupe du Monde de Soccer est un succédané savoureux.

Exit le soccer, on se dirige vers le X.  Ça va chauffer...


29 décembre 2014

V pour Vieux


Vieux.  Un qualificatif qui pourrait être tout indiqué pour parler de moi, mais en tout respect pour le thème urbain de ce blogue épistolaire, rassure-toi, je vais plutôt utiliser ce mot pour faire une brève présentation du Vieux-Montréal.

Vieux, c'est un de ces adjectifs qui n'auraient pas fait une longue carrière dans le langage mathématique.  Sans contexte, le mot exprime une vague notion de passé et il y a toujours un meilleur mot pour vraiment préciser ce qu'on veut dire. Une vieille voiture, ça peut être un bazou (15 ans) ou une belle d'autrefois (100 ans). Quelqu'un de vieux, ça peut être un vieux schnock (46 ans) ou un vieux sage (75 ans). Plus jeune que moi, Sergei Gonchar est un vétéran à 40 ans sur la patinoire du Centre Bell. Une vieille ville, ça peut avoir à peine 350 ans comme le Vieux-Montréal ou ça peut en avoir 4000 comme le Vieux-Jérusalem. Inévitablement, le temps fait que ce qui est neuf aujourd'hui deviendra vieux demain et si aujourd'hui, on considère que des bâtiments de 100 ou 150 ans sont "vieux", et bien dans 500 ans, probablement que ta jeune résidence et ton CEGEP auront été intégré au Vieux-Montréal tout comme le Stade Olympique (s'il tient encore debout). Où sera donc le Montréal contemporain du futur si tout est appelé à vieillir ?

On pourrait ainsi qualifier de Vieux-Montréal tout ce qui est déjà bâti. L'échangeur Turcot et le Pont Champlain, pour n'en nommer que deux, peuvent très bien s'approprier le qualificatif malgré leur jeune 50 ans. Pour l'instant, pour faire simple, on dira que le Vieux, c'est le quartier qui encercle le Vieux-Port (moins récent que l'actuel en activité un peu plus à l'est) délimité au nord par l'avenue Viger entre l'autoroute Bonaventure et la Brasserie Molson. Bien sûr, ce quadrilatère loge certains édifices plus récents que certains du campus de McGill, mais c'est le propre du vieux de vouloir se rajeunir, parles-en à Renée Zellweger...

On va faire ça dans l'ordre et parcourir les beautés du Vieux dans un itinéraire que tu pourras refaire un de ces jours de flânage (F).  Bon, là, il ne faut pas que tu t'attendes au charme vieille Europe du Vieux-Québec. Contrairement à la jolie capitale encore fortifiée qui berce fonctionnaires et parlementaires, la vigueur industrielle et commerciale de la métropole de la province a un peu bousculé le patrimoine architectural. N'empêche, on peut encore y trouver des pavés, de la vieille pierre et quelques coins très charmants.

Prochaine station: Square Victoria-OACI. En sortant sur la rue Viger, tu peux remarquer une première curiosité: C'est la seule station de métro à Montréal dont l'escalier sort directement sur le trottoir comme à New York ou Paris.  En fait, la sortie de cette station (oeuvre du Français Hector Grimard) est calquée sur le style parisien vers 1900.  Tu vas remarquer que l'environnement immédiat est plus propice aux affaires qu'aux vieilleries, mais nous y viendrons assez vite.  Si tu vas vers l'est sur Viger, tu ne pourras pas manquer la vitrine multicolore du Palais des Congrès (le nom de l'oeuvre est Translucide) qui donne sur la Place Jean-Paul Riopelle. Cet artiste est le créateur de la sculpture en fontaine au milieu du parc (La Joute).  Si c'est un soir d'été, il y a un cercle de feu autour de la sculpture (wow!). Si tu viens de gagner la loto, je vais accepter ton invitation au restaurant Toqué! situé presque en face de la fontaine (re-wow!).  Si tu t'inquiètes pour tes vieux jours, tu peux traverser le parc et tourner à droite sur St-Antoine et tu pourras te rassurer en voyant le faste de l'édifice de la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec. C'est la caisse commune d'où sont tirées nos rentes de base à la retraite. Mais comme on cherche le Vieux, pas les vieux, repartons plutôt vers l'Est sur St-Antoine.


Déjà, tu dois te sentir un peu plus dans le Vieux. À ta gauche, la facade sud du Palais des Congrès est en pierre pour se marier au reste du quartier.  À l'horizon, tu aperçois les bureaux du journal La Presse, édifice construit en 1899. Au coin de la rue St-Urbain, tu tournes à droite sur la Côte de la Place d'Armes et deux coins de rue plus loin, tu dis wow! parce que tu arrives évidemment à la place annoncée par le nom de la rue. Il y a plus de 50 ans, c'était ici que les tramways convergeaient. Il y a plus de 300 ans, il y avait ici la première église de la ville. Il y a 3 ans, la ville a restauré la place et refait une beauté à Paul qui trône fièrement au centre de la place. Tu auras reconnu Paul de Chomedey de Maisonneuve. Il y a au nord l'édifice de la Banque de Montréal (1847) qui est calqué sur le Panthéon de Rome (IIe siècle) et au sud l'incontournable Basilique Notre-Dame (1824).  Entre, la visite vaut la peine. C'est souvent ici qu'on fait les funérailles des grands, comme Maurice Richard en 2000.


Époustouflée ? OK, on repart sur Notre-Dame vers l'ouest et on tourne à gauche au prochain coin de rue (sur St-François Xavier). J'aime bien cette rue étroite. Au milieu de la pente, un de mes bâtiments préférés, le Théâtre Centaur et ses colonnes. En bas de la rue, on aboutit à la Place d'Youville où on trouve le musée Pointe-à-Callière. De là, on remonte la rue Place Royale (on se croirait à Québec) en n'oubliant pas de faire une photo et on tourne à droite sur la rue St-Paul. On peut se rincer l'oeil dans quelques galeries d'art ou même faire une pause dans un resto, il faut juste faire attention de ne pas trébucher sur les pavés, être prudent car on est à l'envers dans un sens unique qui à mon humble avis devrait être piétonnier et finalement, il faut contourner les hordes de touristes qui achètent de l'art inuit (made in China) dans les boutiques de souvenirs assez désolantes. C'est pourquoi on tourne à gauche sur la rue St-Vincent pour remonter sur la rue Notre-Dame.

En tournant à droite sur la rue Notre-Dame, on découvre l'hôtel de ville de Montréal au prochain coin de rue et on peut admirer le plus vieux monument de Montréal (1809), la colonne de Nelson. C'est en fait la plus vieille stèle dédiée à cet amiral britannique qui est mort en héros lors de la bataille de Trafalgar qui a freiné les ardeurs de Napoléon qui ambitionnait de conquérir la Grande-Bretagne. N'eut été de cette victoire, le Canada serait peut-être redevenu une possession française, qui sait ?

Si on descend la pente qui s'offre à nous, on s'engage dans la Place Jacques-Cartier remplie d'amuseurs en été. On peut se laisser voguer jusqu'au Vieux-Port et le fleuve.  Sur les quais, on trouve le Centre des Sciences, le cinéma Imax, mais surtout une jolie promenade multi-usages (vélo, marche, patins).  Si on se dirige vers l'est, on aboutit au Bassin Bonsecours bordé par le Quai de l'Horloge, en face du Marché Bonsecours (1847). Le Marché est le quartier général des métiers d'art au Québec avec plusieurs boutiques de créateurs d'ici. En hiver, le bassin se transforme en patinoire. C'est un excellent endroit pour un premier rendez-vous galant, histoire de mieux connaître l'homme qui se cache sous l'équipement de hockey. Le galant prétendant pourrait même payer le repas Chez l'Épicier situé en face du marché, sur Saint-Paul. J'dis ça d'même...  :-)


Ça fait déjà toute une trotte, alors on va remonter la rue Bonsecours pour photographier la Chapelle Notre-Dame de Bonsecours.  Ici tout est de bon secours, même l'Accueil Bonneau, situé tout près sur la rue de la Commune. On tourne à gauche sur la rue Champ-de-Mars et sur la rue Gosford, le M bleu de la ligne orange nous accueille pour qu'on puisse retourner à la maison après un peu plus de 3 km sur nos espadrilles.



J'ai bien aimé tricoté le V autour de cette marche là, mais la fin de l'alphabet me donne du fil à retordre pour la suite. W, X, Y, Z.  J'ignore encore le prochain mot, mais il vaudra sûrement plusieurs points au Scrabble...


06 décembre 2014

U pour Université



Université.  Tel qu'annoncé au T, je poursuis sur le thème des établissements de savoir post-collégial. Dans la rubrique A pour Anglais, j'ai évoqué la propension des riches à s'approprier les terrains élevés comme la montagne. On remarque qu'à Montréal, les universités, du moins les plus anciennes, se concentrent surtout à l'ouest du centre-ville, blotties sur la montagne. Serait-ce un vestige des temps anciens quand le savoir émanait de la richesse ? Que ce soit le cas ou non, ce qu'on souhaite pour notre société actuelle c'est parfaitement l'inverse: que la richesse émane du savoir.

Je cite rarement mon père, mais il m'a laissé deux conseils inoubliables. Il m'a dit: "Fais ce que tu veux dans la vie, mais ne laisse pas des p'tits Paradis à 'traîne" et "Ne confonds jamais Instruction et Éducation". Du premier conseil, j'ai retenu qu'il tenait à ce que je m'occupe de sa descendance si jamais je me reproduisais (quelle que soit la circonstance). Du deuxième, je retiens que ce n'est pas un diplôme qui apprend le savoir-vivre.  Mon père était issu de cette génération qui s'est affranchie d'une classe dirigeante en soutane, en redingote et en anglais où la notoriété occultait l'intelligence, la justice et le bon sens. La sagesse du père reflétait bien ce combat. L'ouvrier n'a pas à baisser la tête devant le docteur, le notaire, le banquier, l'ingénieur.

Un diplôme universitaire, ça peut certes aider à construire la pensée, apprendre à apprendre, résoudre des problèmes, donner les bases d'une profession, éveiller une culture générale, permettre de fonctionner en entreprise, mais formation universitaire n'égale pas nécessairement créativité, compassion, empathie, intelligence et vivacité d'esprit.  Des choses qui ne s'apprennent pas tant à l'école sur la montagne, mais surtout à l'école de la famille, de l'amitié, de la glace, de la vie. Ah, la glace, là je savais que je capterais ton attention... 

Va pour l'éducation, je ne suis pas en peine pour toi. Il n'en demeure pas moins que le savoir, c'est la
clé de bien des serrures et je souhaite au plus profond de moi que tu sèmes un jour les graines de ta vive intelligence dans le terreau d'une université où qu'elle soit.  Prenons tremplin sur la l'entrée de blogue précédente (T) et montons dans le métro pour visiter chacune des meilleures facultés de la grande ville.

C'est donc b'en long avant que t'arrives... C'est sûr qu'il faut que tu marches un kilomètre pour arriver à la station Angrignon.  Allons-y! On reste sur la ligne verte, on change à Lionel-Groulx pour la ligne orange, direction Côte-Vertu et on change encore pour la ligne bleue rendu à Snowdon.  Tu me voies venir, on descend à la station Université de Montréal. Quand tu sors de là et que tu montes la grande escalier, tu te rends compte que tu as pris de l'altitude. B'en oui, l'Université de Montréal est sur le Mont Royal, sur le flanc nord et tu remarqueras maintenant sa grande tour à chaque fois que tu passeras dans ce coin-là.

C'est un peu compliqué, mais l'Université de Montréal prend son origine de l'Université Laval (à Québec), l'alma mater de ton père et ta mère. L'université Laval, qui est la plus ancienne université au Québec, était à l'origine un établissement catholique sous la gouverne ultime du pape (!) et il se sont parti une succursale à Montréal. Laval et Montréal ont séparé leur destinée quand le gouvernement a donné un statut et une autonomie à chaque établissement dans une loi au début du 20e siècle. Le lien clérical a fini par disparaître, un recteur remplaçant le monseigneur, laïcisant graduellement l'enseignement. Rendons grâce, mais rendons tout de même hommage aux religieux qui ont crée ces établissements essentiels à la croissance de la province et du pays.


En nombre d'étudiants, l'UdeM est la plus grande université au Québec. Il faut dire que c'est un établissement à plusieurs têtes en comptant les Hautes Études Commerciales (HEC). la Polytechnique et l'hôpital universitaire (CHUM).  En plus de l'administration des affaires (HEC) et de l'ingénierie (Poly), je considère que c'est une université de choix pour tout ce qui touche les sciences et techniques, mais juste pour me faire mentir, pas moins de 11 premiers-ministres du Québec en sont diplômés, et on sait que la plupart des politiciens sont des diplômés de droit et de sciences sociales en général. Quoiqu'on semble avoir un faible pour les médecins pour nous diriger ces temps-ci. Parmi les autres diplômés célèbres de l'UdeM, on compte le cinéaste Denys Arcand, l'inénarrable commentateur politique Mathieu Bock-Côté, le physicien sympathique Hubert Reeves, la physio Monia Pelletier, Sylvain Michel (informatique) et Eric Paradis (HEC). Comme tu vois, c'est très varié comme clientèle, ce qui démontre l'étendue des programmes, mais il ne faut surtout pas conclure qu'ils sont meilleurs en physique qu'en informatique.  ;-)
Les équipes sportives de cette université prennent le nom de Carabins. Ce qui me permet de recycler ma vieille joke plate que si tu joues un jour au hockey universitaire à l'UdeM, tu seras une carabine.  Les "Carabines" sont très compétitives dans le réseau universitaire et dominent le classement de cette session d'automne. Le football fait aussi rayonner l'université. Récemment, l'équipe de football des Carabins a mis fin à la suprématie du Rouge et Or de Laval en remportant la finale québécoise et la Coupe Vanier (Canada) par la suite, ce qui contribue d'autant plus à sa réputation.

Parlant de carabine dans un sens moins joyeux, on souligne ces jours-ci le scabreux anniversaire des 25 ans de la tuerie de Polytechnique (14 femmes abattues) qui met en évidence trois fléaux toujours actuels dans notre société: la misogynie, la libre circulation des armes à feu semi-automatiques et le manque de ressources en santé mentale. Au chapitre de la misogynie, c'est triste, mais en tant que femme, même en 2014, tu devras toujours faire preuve de beaucoup de persévérance dans des situations où certains hommes se croient encore supérieurs, même de façon inconsciente. Et de grâce, malgré tous mes appels à la tolérance, ne tolère jamais qu'on te fasse violence et redouble d'intolérance si on te brime sur la seule base que tu es une femme. Sur ces notes funestes, on remonte dans le métro.  Sur la ligne bleue, on revient sur Snowdon, sur la ligne orange, on revient à Lionel-Groulx et cette fois on prend la ligne verte, direction Honoré-Beaugrand et on descend à Guy-Concordia.


Quand j'étais jeune, cette station de métro s'appelait Guy tout court, mais il y a eu une vague de changements de nom, probablement motivée par les universités qui jalousaient McGill et l'UdeM qui avaient leur station propre. Concordia, très près de McGill, notre prochain arrêt, est considéré une université anglophone, malgré qu'il y ait aussi des cours en français.  Son campus est coupé en deux, comme elle est la résultante d'une fusion de deux collèges (Loyola et Sir Georges William). D'ailleurs, en arrêtant à Guy-Concordia, on se trouve sur le campus de Sir-Georges. Le campus Loyola, lui, est situé plus au nord-ouest, on aurait pu y faire un arrêt, mais je n'avais pas le goût de descendre à la station Vendôme et on n'a pas toute la journée.

Les deux collèges originaux datent du début de 20e siècle, mais Concordia ne fût fondé qu'en 1974, ce qui fait qu'elle n'a pas vraiment encore eu le temps de se forger une histoire bien à elle. Bien qu'il y ait des facultés de gestion et de sciences, je l'associe beaucoup aux arts comme la littérature et le cinéma.  Peut-être parce que Pascale Bussières (actrice) et Régine Chassagne (Arcade Fire) y ont étudié et que l'auteure Margaret Atwood y a enseigné (au Collège Sir Georges). Une équipe de hockey féminin fait aussi la fierté de Concordia, les Stingers. Qui sait, tu deviendras peut-être une piquante (ou est-ce le shooter) ? 

Cesse de rêver, on continue notre visite. Ah, p'is on ne prendra pas le métro, on va descendre sur Ste-Catherine, marcher vers l'est en déjouant les milliers de lécheurs de vitrines jusqu'à la rue McGill College. On se tourne vers le nord pour un des plus beaux coups d'oeil dans la ville avec le campus de McGill qui se laisse découvrir juste au bout de la rue avec la montagne en arrière-plan.


Mcgill, c'est l'âme anglophone de Montréal. Magnifique campus avec ses bâtiments ancestraux et ses dépendances comme le stade Percival Molson, le musée Redpath et l'Institut de Neurologie sur le flanc de la montagne, cet ensemble transcende sa beauté tranquille par une réputation solide dans le monde.  C'est considéré une des meilleurs écoles au Canada.  Le MBA (Maîtrise en Administration des Affaires) a acquis un statut presqu'équivalent à celui de Harvard, surtout en tenant compte du rapport qualité/prix.  Plusieurs Ontariens s'obstineraient que Queen's est bien meilleur, les joueuses des Stingers défendraient l'école de gestion John Molson (Concordia), mais hors du Canada, c'est de loin McGill qui est la plus renommée. Et pas qu'en gestion, c'est aussi un excellent centre de sciences médicales (CUSM), d'ingénierie et de droit.

Dans les gens célèbres associés à McGill, on trouve le fameux Docteur Penfield (Q) qui a fondé l'Institut de Neuro, l'auteur-compositeur Leonard Cohen, feu Jack Layton et son successeur Thomas Mulcair, Céline Galipeau la chef de pupitre du Téléjournal, Henri Minzberg un gourou de la gestion moderne, Hubert Reeves (encore lui), Mathieu Darche, Kim St-Pierre et Charline Labonté.  Pour les trois derniers, tu devines qu'ils ne sont pas dans la liste pour leur talent en physique mécanique. Au volet sports, les porte-couleurs masculins de Mcgill sont les Redmen, alors que les filles prennent le nom de Martlets.  Les Martlets sont célèbres pour leur saison parfaite de 33-0 en 2007-2008, un record universitaire nord-américain.

Prochaine station, Berri-UQAM. Ah, une autre station qui a modifié son nom depuis que j'ai les cheveux gris.  Elle s'appelait Berri-de-Montigny avant.  De Montigny, c'est l'ancien nom du Boulevard Maisonneuve. Peu se rappellent c'est qui De Montigny, mais même plusieurs toponymiques ignorent d'où vient le nom Berri. Dire qu'on cherche encore qu'est-ce qu'on pourrait bien nommer en l'honneur de Maurice Richard sans déshonorer la mémoire d'un autre. Je pense que personne ne pleurerait la disparition du vocable Berri. Mais on s'égare. On sort au coin Maisonneuve-Berri et on trouve quelques bâtiments intégrés au tissu urbain qui forment le campus éclaté de l'UQAM, la 4e université de Montréal. Je dis 4e, même si créée l'année de ma naissance (1968) elle est antérieure à Concordia (1974), comme les composantes qui ont formé cette dernière existaient déjà. C'est le gouvernement du Québec qui dans la foulée de la modernisation de notre système scolaire (qui mène aussi à la création des CEGEPs) instaure une alternative publique aux autres universités (dont McGill et Bishop qui sont anglophones) et une présence en région.


L'UQAM est donc le campus montréalais associée aux autres composantes du réseau (Trois-Rivières, Outaouais, Chicoutimi, Rimouski).  L'ENAP (administration publique), L'ÉTS (excellente école d'ingénierie) et TELUQ (école en ligne) font aussi parti de la famille de l'UQ. L'UQAM en particulier est très versée en sciences sociales et on l'associe souvent au courant de la gauche urbaine (genre Québec Solidaire). Plusieurs journalistes en sont diplômés, mais c'est son volet communication qui fait le plus jaser. Tu pourrais facilement m'entendre dire une énormité comme: "Si tu coules tes cours de sciences et de mathématiques et que tous les diplômes contingentés finissent par être inaccessibles pour toi, b'en au pire, tu te contenteras de Communication à l'UQAM".  Blague à part, ce diplôme en communication nous a tout de même donné beaucoup de chroniqueurs télé et bien sûr les RBO avec l'incontournable Guy A Lepage. Malgré la formation de tous ces libres penseurs, Luc Picard, Léa Pool, Léo-Paul Lauzon, etc, etc, il n'en demeure pas moins qu'il y a un regard de haut des autres universités envers l'UQ. Mais au final, tu sais comme moi que ce n'est pas tant l'université que l'universitaire qui pèse lourd dans l'équation de la réussite. Cela dit, ce n'est jamais mauvais que notre nom soit associé à la bonne réputation d'une bannière et c'est pourquoi on redescend dans le métro, ligne jaune, direction Longueuil-Université de Sherbrooke.

L'Université de Sherbrooke ? Mais alors qu'est-ce qu'on glande à Longueuil ? Rassure-toi, le vrai campus de l'UdeS est bel et bien à Sherbrooke. C'est juste que les universités sont surtout financées à la hauteur de leur niveau de clientèle. Qui dit clientèle dit territoire et les universités se sont mises à construire des campus à qui mieux-mieux hors de leur région originale. Je pense personnellement que cet investissement en brique et mortier à l'extérieur de leur territoire est un éparpillement inutile et aurait mieux été investi dans la recherche et la qualité d'enseignement, mais bon. Toutes les universités ont un peu fait ça. Ainsi, en Argentine, on a rencontré une fille de Québec qui a fait son Bac en Enseignement à l'Université du Québec à Rimouski à Lévis. Faut le faire.


L'université de Sherbrooke fut très novatrice avec ses programmes coopératifs qui permet aux étudiants de faire plusieurs stages rémunérés en entreprise pendant les études universitaires. Plusieurs universités ont emboîté le pas dans ce concept à la fois favorable aux étudiants qui cumulent rapidement de bonnes expériences de travail et aux entreprises qui peuvent faire une pré-sélection de futurs employés tout en récoltant les fruits du travail motivé de ces étudiants. L'Université a un excellent programme de médecine (CHUS) et autres disciplines de la santé, comme l'ergothérapie - un peu grâce à ta maman, mais on y forme aussi de bons ingénieurs, des avocats, de futurs dirigeants et bien sûr des informaticiens hors-pair.  Célèbrement issus de l'UdeS, on compte Laurent Beaudoin (Bombardier), Raymond Royer (Domtar), Paul Gobeil (Métro), Normand Legault (ancien président du GP du Canada), Jean-René Dufort (Infoman), Jean Charest, Vincent Vallières, Juge Julie Beauchesne, Marc Hébert et Eric Paradis.

Oui, bien sûr, nous voilà sur la rive-sud à parler d'une université qui n'est même pas sur le territoire de Montréal, alors que c'était l'objectif premier.  Que veux-tu, on garde un attachement particulier à l'école qui représente le creuset final de notre cheminement vers une carrière professionnelle et il était trop tentant de mettre en scène l'Université de Sherbrooke.

À cet âge numérique où les grandes universités ouvrent les portes virtuelles de leur établissement en offrant leurs cours en ligne, que presque toute la connaissance du monde a été numérisé et est accessible au bout de nos doigts sur la toile, l'endroit où on va étudier va devenir de plus en plus secondaire. Le plus important est probablement de se donner un objectif professionnel, trouver les bons guides et se discipliner pour y parvenir et en profiter pour acquérir une bonne dose de culture générale. J'ose croire que les meilleures écoles seront celles qui pourront s'adapter pour offrir l'environnement qui convient le mieux à ces nouvelles réalités d'apprentissage. 

Oui, oui, je l'savais que t'allais dire ça.  OK, oui, c'est vrai, ça prend aussi un bon programme de hockey féminin...  :-)  On se reparle rendu à V, ma belle muse.


30 novembre 2014

T pour Transport


Transport. J'ai effleuré le sujet lorsque j'ai décrit le réseau routier dans la rubrique (D) Détour.  Mais comme tu n'as pas encore de voiture, tu risques de manipuler une carte Opus plus souvent qu'une pompe à essence, si tu veux t'aventurer hors de ton arrondissement. Ce serait donc logique de parler de transport en commun, mais comme tu restes très près du métro et que c'est ton contact le plus près avec le réseau de transport de l'ile, c'est tout indiqué de développer sur ce train souterrain, surtout que de parler d'autobus, ça ne me dit rien.

Si tu regardes une carte du métro, ça saute aux yeux qu'on a associé chaque ligne à une couleur. On parle de la ligne orange, la ligne verte, etc. Ça facilite l'identification visuelle des lignes et des stations.  Ça a même inspiré la STM à brièvement considérer associer des commandites à ces couleurs pour remplir les coffres.  Ainsi, (à titre d'exemple - on n'avait nommé aucune compagnie) on aurait pu avoir la ligne Tangerine (Orange), la ligne Desjardins (Vert), la ligne IBM (Bleue), etc, mais l'idée a rebuté plusieurs décideurs.  C'est sûr que ça aurait été moins poétique que la ligne Boomerang (Orange), la ligne Stars (Vert), la ligne Maple-Leafs (Bleue) et la ligne Bruins (Jaune), sans compter l'évidente incitation au vandalisme dans cette dernière solution.  L'utilisation des couleurs pour les lignes sont un artifice résiduel qui n'était pas au premier plan à l'origine du réseau.  Avant qu'on réalise que les couleurs sont un moyen mnémonique incontournable qui s'est imposé à l'usage, les anciennes cartes du métro (genre quand j'avais ton âge) utilisaient la numérotation originale pour identifier les lignes. On a donc la ligne 1 (verte), 2 (orange), 4 (jaune) et 5 (bleue).

1-2-4-5. Ça m'a longtemps chicoté qu'il n'y avait pas de ligne 3.  La ligne 3 était sur les plans initiaux.  Si elle avait été complétée, elle relierait le nord et le sud de l'ile dans l'axe central entre les deux branches du U de la ligne orange.  Cette ligne rouge aurait été construite au prix de négociations avec des villes comme Mont-Royal et Outremont (encore une ville séparée à l'époque), elle aurait été sur rail (et non sur pneumatique comme le reste du métro) et elle aurait été en plein-air sur une grande portion. Ces rails qui passent dans un tunnel sous le Mont-Royal sont aujourd'hui utilisées par le train de banlieue qui mène à Deux-Montagnes.  Je ne pense pas que la ligne 3 se réalise de mon vivant, malgré que le transport en commun ait besoin d'un sérieux investissement dans notre métropole.



Comme tu as pu le voir à New York. le transport souterrain est loin d'être unique à Montréal et d'aucuns diront qu'un train souterrain en vaut bien un autre et qu'ils se ressemblent tous. On ne détrônera jamais Stockholm qui a fait de son métro une galerie d'art spectaculaire, mais Montréal a ses particularités et ses charmes même dans les entrailles de son métro en manque d'entretien. Sur ses pneumatiques, le métro de Montréal est plus silencieux et confortable que plusieurs autres systèmes sur rail comme NewYork, Londres ou Toronto. Il faut dire qu'il est relativement récent avec son inauguration en 1966. Il faut croire que cette époque était faste pour l'art urbain, car la conception de chaque station est unique, chacune ayant été confiée à un architecte différent. C'est sûr que dans l'état de relatif délabrement des infrastructures locales, c'est plus difficile à apprécier et plusieurs stations auraient besoin d'un bon rafraîchissement, mais l'effort de design est encore bien visible. Il faut avoir pris le métro à Toronto avec ses stations qui sont presque tous décorées en tuiles de salles de bain style 1945 pour apprécier pleinement le design unique des stations de Montréal. En particulier, les stations Place-des-Arts, Papineau et Champ-de-Mars contiennent des oeuvres audacieuses, la station Lionel-Groulx donne un peu le vertige avec ses étages ouverts et son arbre de vie et enfin la station Namur est reconnue par les spécialistes comme une des plus belles dans le monde.
Station Namur
Station Champ-de-Mars
Station Papineau


En plus de la facture visuelle, Montréal accueille les musiciens entre les murs du métro.  Les emplacements sont identifiés par des pictogrammes de lyres.  Ce sont les artistes qui s'auto-organisent pour l'horaire d'utilisation.  Ce ne sont pas toujours des virtuoses, mais ça égaye ces longs couloirs de béton avec une texture sonore.  Les rames ne sont pas en reste pour l'ambiance sonore. Il n'y a pas de musique proprement dite dans les wagons, mais une voix enregistrée ponctue les arrivées à chaque station, alors que plusieurs systèmes dans le monde utilisent plutôt une voix de synthèse. À Montréal, c'est la voix de Michèle Deslauriers. Tu ne la replaces probablement pas, mais elle a fait rire ton père et la plupart de tes oncles et tantes à Samedi de Rire, une émission qui passait avant la Soirée du Hockey quand on était ado. Tu connais probablement mieux sa fille, Caroline Dhavernas qui joue dans des séries américaines (mais pas beaucoup dans le métro).

Si tu montes assez souvent dans ce train bleu, le son particulier et unique de son moteur restera gravé en toi pour toujours.  Le crescendo de trois notes du décollage audible autant à l'intérieur du wagon que sur le quai est inoubliable.  Ce dou-dou-dou avait été escamoté après une mise à jour sur certains trains et les plaintes du public ont eu raison de la STM qui a dû faire en sorte de le reproduire de façon synthétique pour rassurer les usagers.  Reste à voir si les nouvelles voitures prévues pour 2016 perpétueront cette courte mélodie électromécanique.

Le réseau du métro se complète au centre-ville par la ville souterraine qu'on appelle RESO. Pour les habitués, c'est pris pour acquis, mais pour certains touristes c'est une attraction au point qu'on le mentionne sur les cartes touristiques.  Ce fascinant réseau pas vraiment planifié s'est construit petit à petit en reliant les étages souterrains des établissements du centre-ville et plusieurs tunnels utilisés pour véhiculer les usagers du métro.  Présentement, ce réseau totalise plus de 30 km. Il t'est donc possible, sans utiliser le métro, de partir de la Place des Arts et de pénétrer dans le Palais des Congrès sans jamais mettre le nez dehors.  Le même exercice est possible du Musée McCord au Centre Bell.  Bon, ça demande un peu de temps pour maîtriser les multiples passages et racoins de ce réseau, mais j'imagine qu'à -25C, ça vaut probablement le coût.


Garçon du Québec profond, le métro m'a toujours attiré.  Jeune marmot, j'ai creusé pas mal de trous avec mes camions-jouets Tonka. L'hiver, j'adorais qu'on puisse faire un tunnel dans nos forts de neige.  Quand je suis arrivé en ville, ça m'a toujours fasciné de pouvoir parcourir de longues distances sous la terre dans un ascenseur horizontal, comme dans Cosmos 1999 (une autre affaire qu'on regardait avant la Soirée du Hockey).  Cet intérêt pour ce réseau de tunnels doit avoir une parenté avec ma fascination pour les routes et les cartes routières. J'ai donc rapidement complété mon orientation dans Montréal avec la carte du métro. Évidemment, comme tu me connais bien, tu ne seras pas surpris que la nomenclature complète des stations est inscrite à jamais dans le bon ordre dans mon coco et que je peux te dessiner par coeur une carte exhaustive du métro. Ça réside à côté d'un paquet d'autres informations agréablement inutiles.

En étudiant juste un peu cette carte du métro, tu réaliseras vite (sans même utiliser le coefficient de frottement si utile à ta physique mécanique et ta vitesse d'entrée en zone adverse) qu'il relie toutes les universités montréalaises et que chacune à sa station, même l'Université de Sherbrooke (!).  Mais on va arrêter ici, parce que comme tu l'avais deviné, le U à venir servira de prétexte pour discuter des établissements de haut-savoir.