Aucun message portant le libellé cimetière. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé cimetière. Afficher tous les messages

13 septembre 2014

M pour Montagne

Montagne.  On ne peut pas esquiver le promontoire qui s'élève au centre de l'ile dans une discussion sur Montréal.  Le Mont-Royal a quand même donné son nom à la ville.  Faisons donc un petit tour d'horizon de ce grand terrain de jeu.

Mont Everest
D'entrée de jeu, une montagne ça commence où au juste ? Dans notre convention de prendre le niveau de la mer comme référence pour l'altitude, on établit le sommet du monde à 8848m au Mont Everest.  Si on s'attardait plutôt aux dénivelés absolus sans égard à la ligne des eaux, on aurait des classements différents.  Le Mauna Kea dans les iles d'Hawaii émerge 6000m au-dessus de la mer, mais le Pacifique nous cache 4000m de sa base immergée.  Le Mauna Kea est donc la plus haute montagne sur la terre avec plus de 10000m de différence entre sa base et son sommet.  Le Mont Chimborazo en Équateur a une modeste altitude de 6300m, mais comme la Terre est oblongue (comme un ballon aplati aux pôles qui fait un peu d'embonpoint équatorial), le sommet du Chimborazo, géographiquement très près du nombril terrestre, est le point le plus éloigné du centre de la Terre avec un bon 2000m "plus grand" que l'Everest de ce point de vue.

Le Mont-Royal, quel que soit l'instrument de mesure, est loin du haut de la liste.  Il culmine à 234m d'altitude (par rapport au niveau de la mer).  Pour l'avoir visité au mois de juillet, son sommet est peu invitant avec son antenne et la petite cahute en béton tapissée de tags et qui sent l'urine.  J'ai visité l'endroit à la fin d'une course folle visant à visiter tous les sommets des collines montérégiennes la même date.  Les collines montérégiennes (rappel de ta géographie du secondaire) sont des formations géologiques au sud du Fleuve St-Laurent.  Grosso modo, il y 125 millions d'années des micro-faiblesses dans la croute terrestre libèrent des montées de magma qui n'atteignent pas la surface.  Les périodes glaciaires bulldozent ensuite le sol, mais la roche ignée résiste au passage et on se retrouve avec ces belles protubérances qui agrémentent les basses terres de Montréal jusqu'au pied des Appalaches. Mégantic, Shefford, Brome, Yamaska, Rougemont, St-Hilaire, St-Grégoire, St-Bruno et le Mont-Royal sont de cette race de montagne.
 
Les Montérégiennes

À Montréal, quand on parle du Mont-Royal, tout le monde convient qu'on parle bien sûr de la montagne, mais plus souvent qu'autrement, on veut parler de l'espace vert que constitue le parc du même nom.  Pour moi, aussitôt qu'on prend notre élan pour passer du "bas" de la ville pour se rendre sur la rue Sherbrooke et au delà, on amorce l'ascension de la montagne.  Aucun habitant du quartier du Plateau ne dirait qu'il vit sur le Mont-Royal, mais c'est clair que par rapport à la rue Ontario, la rue Laurier, par exemple, est un peu sur la montagne.  Mais tout ça, c'est de la rhétorique, je veux juste dire que dans les villes, on a tendance à oublier la géologie sous le relief.  Parlons-donc du parc.

Le Parc du Mont-Royal est l'oeuvre de l'architecte-paysagiste Frederick Law Olmsted.  Le même qui a aménagé Central Park au coeur de Manhattan (rappel de notre voyage à New York).  J'imagine que les architectes-paysagistes étaient des oiseaux rares au 19e siècle.  L'idée de préserver un coin de nature dans des villes où l'air était encore moins respirable qu'aujourd'hui était probablement plus une nécessité qu'une lubie d'environnementaliste. Encore aujourd'hui, quand on étouffe en ville, il suffit de quitter le béton et l'asphalte et pénétrer juste assez loin dans l'ombre des grands arbres du parc pour sentir un apaisement, seulement par la l'atténuation de la chaleur et du bruit.

La montagne est un petit univers qui est mieux découvert en auto-propulsion.  Les amateurs de vélo de route adorent s'élancer sur la voie Camilien Houde, le prolongement de l'avenue Mont-Royal sur le côté est.  La majorité de ces cyclistes sont là pour pousser leur bolide dans la pente et ne s'attardent probablement plus à la beauté qui les entoure. Par exemple, bien peu s'arrêtent à mi-chemin au belvédère pour contempler tout l'est de l'ile et compter les montérégiennes à l'horizon.  La plupart arrivent en haut, boucle la boucle en redescendant dans Côte-des-Neiges, passent à l'Université de Montréal et reviennent sur l'Avenue du Parc.

 
C'est à pied que la montagne montre son meilleur jour.  Côté est sur l'Avenue du Parc, on a le Parc Jeanne-Mance qui rassemble des joueurs de tam-tam à tous les dimanches autour de la statue de Georges-Étienne Cartier.  C'est un rendez-vous assez familial, parfois agrémenté d'effluves thérapeutiques (si tu t'approches un peu trop des percussionnistes).  De l'autre côté de la rue du Parc, il y a quantité de plateaux sportifs, mais déjà on s'éloigne de la montagne.  Mon accès préféré est vraiment par la rue Peel à la hauteur de Sherbrooke.  De là, quelques 250 marches mènent au chalet de la montagne dont le parvis s'allonge pour former le belvédère Kondaronk qui offre la plus belle vue du centre-ville. 

La vue du Belvédère Kondaronk
Autant la vue et l'aménagement du belvédère doit ravir les touristes, autant la vacuité du chalet de la montagne doit les décevoir.  Il y a quelque-chose à faire là, mais personne ne semble voir l'opportunité.  De là, plusieurs sentiers, où on croise des joggeurs à longueur d'année, traversent la partie centrale et sud du parc.  Il est possible de se rendre à la croix, au vrai sommet (un peu moche), mais aussi au Lac des Castors.  On peut y patiner l'hiver et y voir des canards l'été.

Si tu t'aventures au nord du chemin Remembrance, tu découvriras une mer de morts alignés en rangées, les cimetières de la montagne que j'ai évoqué à la lettre C.  Bon, ça sonne vraiment nul comme activité et bien franchement j'espère qu'on respectera ma volonté d'être incinéré, car c'est vraiment ridicule d'utiliser autant de terrain pour la mémoire de corps en décomposition (mes respects à tous les habitants bien impuissants de ces lotissements perdus).  Or, pour en avoir déjà fait l'expérience, déambuler sans but à travers cette forêt de granit gravé de souvenirs oubliés est plus ressourçant qu'on le croirait.  Il y a certes des oeuvres d'art intéressants, des anges attendrissants, mais surtout un rappel assez tangible que notre passage ici-bas est temporaire et qu'on doit se faire aller la machine à bonheur avant de finir inanimé dans les bras d'une colline montérégienne.  De façon plus ludique, tu peux jouer à retrouver des personnages célèbres comme Nelligan, Maurice Richard, Honoré Mercier, Robert Bourassa ou Olivier Guimond.  Si tu t'aventures plus au nord, tu te retrouveras à l'Université de Montréal.  Mais si tu veux vraiment entrer à l'université, ce n'est pas en traversant le cimetière que tu y arriveras, mais plutôt en réussissant ton DEC.

Le Parc du Mont-Royal, c'est la mère de tous les parcs à Montréal.  Autrement, en importance et en superficie:
  • Le Parc Lafontaine: Il y a un joli étang au centre de ce parc très familial le jour, mais aussi connu pour ses chaudes rencontres la nuit tombée.
  • Le Parc Maisonneuve: Collé sur le Parc Olympique, c'est un parc plutôt sportif avec ses grands espaces.  Probablement une bonne place pour se blesser en jouant à l'extreme-frisbee.
  • Le Parc Angrignon:  C'est le parc qu'il faut traverser pour se rendre au Métro quand on habite les résidences du Cégep André Laurendeau.
  • Le Parc Jarry:  Au centre de ce grand parc, où jadis évoluait les Expos, on trouve le Stade Uniprix où les grands du tennis s'affrontent à chaque été.  Attenant au parc, une grande piscine et des aires qui invitent aux joies du sport.
Il y a d'autres parcs mineurs dans la ville.  Ce sont souvent de petits espaces avec quelques bancs pas toujours à l'ombre souvent associés à un personnage qu'on voulait commémorer.  Entre autres:
  • La Place Émilie Gamelin: Situé près de la station Berri-UQAM, il est souvent le point de départ de manifestations.  On y trouve des oeuvres contemporaines, un jeu d'échec géant, mais aussi beaucoup de délinquance et après la gare d'autobus, probablement le plus grand piège des jeunes qui viennent de fuguer pour les proxénètes et vendeurs de drogue.  J'aimerais mieux que tu ne te tiennes pas là, ma belle muse de blogue.
  • Le Parc Lhasa de Sela: Situé dans Rosemont, ce parc commémore l'oeuvre de Lhasa de Sela, auteure-compositeure-interprète américano-mexicano-québécoise polyglotte qui est passée comme une étoile filante dans l'espace culturel montréalais, décédant du cancer dans la trentaine.  Sa voix envoûtante et ses textes hypnotiques m'ont toujours charmé, j'ai tous ses disques.

Bon, j'espère que tu réussiras à profiter un tant soit peu des espaces verts montréalais malgré ta charge de travail.  Été comme hiver, une marche dans la montagne est un bon moyen de se donner un break de la grande ville.

C'est un M très vert.  On aura probablement un N plus sombre...

01 septembre 2014

F pour Flâner.


Flâner.  Eh non, ce n'est pas Farine comme certains l'imaginaient, quoique l'enseigne Farine Five Roses est une belle signature pour le paysage de Montréal.  J'avais un autre thème en tête pour l'étudiante en patins: le flânage, la farniente, le passage à vide, le rien-faisage ou peut-être pour employer des mots plus modernes: chiller ou vegger.

Ton horaire est remplie de cours, de pratiques, d'entraînements hors-glace, de parties, d'études, de travaux à remettre, d'activités d'équipe, mais c'est inévitable, le cerveau va prendre une débarque de temps en temps et exiger un temps d'arrêt bien avant de devoir retirer le gardien en fin de troisième période.  Tu reconnaîtras ces moments de torpeur assez facilement.  Genre, tu t'es couchée assez tard la veille, épuisée, mais tu t'est dit en tombant sur l'oreiller que le lendemain, c'était mardi et que tu avais tout l'après-midi libre pour rattraper le retard d'étude dans deux cours.  Le mardi en question, en revenant des cours, tu manges en vitesse pour pouvoir t'installer pour étudier, mais en mettant le nez dans tes livres, tu as l'impression que tes notes de cours sont écrites en libanais.  C'est la panne, le gouffre béant entre les équations de physique et les théories brumeuses sur la littérature qui te semblaient toutes limpides l'avant-veille.  Quand bien même tu calerais trois Gatorade en ligne, ce n'est pas un manque de glucose, c'est juste ton cerveau qui manque de vide.  Quel paradoxe: C'est quand ton cerveau est plein qu'il te semble le plus vide.

C'est alors le moment de flâner pour mettre son cerveau à off pour te recharger la pile mentale.  Mais il faut flâner efficacement quand même, car crois-moi, belle patineuse, tu n'as aucune heure à perdre dans les quatre ou cinq prochaines années.  Quand j'étais étudiant, j'étais peu original dans mon flânage, et contrairement à toi, j'avais vraiment du jeu (dans le sens de lousse) dans mon horaire, ne cumulant aucun sport dans mon cadre académique.  Il faut préciser que je n'avais aucune aptitude n intérêt pour le sport, à part peut-être le regarder à la télé.  J'avais 40 livres en trop et mes loisirs se résumaient à lire et programmer.  Surtout, je n'avais pas un oncle qui m'expliquait la vie à mesure qu'elle m'arrivait (maudite chanceuse), je ne savais donc pas ce qui me frappait quand je me retrouvait démuni de toute motivation, alors que je savais bien qu'il me fallait préparer un examen ou lire les trois chapitres du cours que j'avais manqué à plusieurs reprises. J'éprouvais donc une grande culpabilité à faire faux bond à mes obligations d'étudiant pendant que je glandais.  Je ne réalisais pas que c'était probablement ces moments de vide qui me permettaient de performer aux examens et de toujours m'en sortir haut la main.  J'aurais dû faire médecine, maudit orienteur !!!

Mes pires souvenirs de flânage étudiant sont pathétiques.  J'étais déjà abonné à La Presse à l'époque.  Il m'est déjà arrivé de passer la chronique nécrologique au complet, remarquant que certains compositeurs d'eulogies étaient à mourir de rire (dans la tristesse).  J'ai déjà fait le tour de tous les tableaux météo du canal Environnement Canada (ancêtre de MétéoMédia).  Il n'y avait aucun animateur, juste la musique d'ascenseur avec une succession de cartes météo monochromes et drabes au possible.  Et que dire des 5 examens en 5 jours à la fin d'une session d'hiver qui tombe toujours en pleines séries de la Coupe Stanley.  Je regardais la partie jusqu'à 23:00 (en souhaitant le moins de prolongations possibles), j'étudiais pendant la nuit jusqu'à 3 ou 4 heures et me présentait à l'examen du lendemain après une très courte nuit.  Repos dans l'après-midi jusqu'à la prochaine partie.  N'essaye surtout pas ça.  J'avais vraiment de la facilité à l'école (comme toi probablement), mais je ne faisais aucun sport d'élite.  Un vrai nerd.

Heureusement pour l'humanité, je ne faisais effectivement aucun sport d'élite.  À Sherbrooke, les étudiants de la faculté d'ingénierie m'avaient recruté de force dans leur équipe de basketball, ce qui faisait de moi un traître vis-à-vis mon groupe d'informatique.  Je me souviens d'avoir joué la première partie de l'année contre l'équipe d'Éducation Physique.  On avait perdu 105-7.  Énigme sur comment on a fait pour inscrire les 7 points.  Quand on a joué contre l'équipe d'informatique, mes compagnons de faculté ont vite compris que je nuisais plus qu'autre chose aux futurs ingénieurs.  À l'époque, je conjuguais plus facilement le sport avec la télé, cette compagne de flânerie par excellence.  Les Jeux de Séoul (1988) allumèrent une étincelle dans mes jambes et je décidai de me mettre au jogging afin de transformer ma flânerie chronique en entraînement bénéfique.  Je me souviendrai toujours d'un frénétique tour du bloc qui m'avait étourdi au point de passer près tomber dans les pommes.  Quand j'avais réussi à rattraper mon souffle, je m'étais écrasé sur le sofa devant le petit écran pour verser une larme devant Rosa Mota qui cruisait à 18 km/h au 36e km du marathon. Moi, je pensais que je venais de frôler la mort en courant moins de 2 km au pas de tortue.  L'étincelle a fait long feu, il faudra près de 10 ans avant que je rechausse des espadrilles dans le but avoué de courir après mon souffle.

Comme on parle ici de flâner et que ton agenda inclus déjà des périodes d'entraînement, exit le sport pour te détendre, à moins que t'aies le goût d'un peu de récupération active de temps en temps.  Dans le Parc Angrignon, il y a des pistes de ski de fond l'hiver, le patin à roues est aussi un bon choix (Circuit Gilles-Villeneuve, Canal Lachine), mais si tu veux vraiment te vider le cerveau, vaut mieux éviter la transpiration.  Et ne me donne pas du iPod ou du cellulaire comme idée de flânage, je disqualifie ces bidules électroniques qui sont des outils de communication qui interrompent trop souvent les vraies séances de décrochage.  Il faut quand même que tu puisses montrer un certain niveau de sophistication même dans la débauche intellectuelle.  Tu dois t'élever même dans la futilité.

Or, comme tu n'as vraiment pas le temps de niaiser, je propose une technique de substitution très efficace.  Quand tu reconnais ce moment critique de torpeur où tu prendrais un cours de salsa avec un itinérant à la place de lire ce roman obligatoire pour le cours de littérature, eh bien, c'est le temps de retourner le décor et mettre en pratique ma technique infaillible: Faire le ménage, pelleter et passer la tondeuse sont pour moi (et pour plusieurs) des moments de petite mort lente.  J'ai découvert que si j'inversais la situation et que je renommais ces activités, toutes ces corvées devenaient des moments magiques.  J'inverse donc la situation en me collant les écouteurs aux oreilles avec ma meilleure liste de lecture et je transforme la situation en m'affirmant clairement: "Je ne vais pas pelleter, je vais plutôt écouter de la musique à l'extérieur et profiter de l'occasion pour déblayer l'entrée".

Revenons à ton roman.  Tu as plusieurs heures que tu pourrais consacrer à ce sacrifice littéraire ? Renverse la situation: "Je vais faire une jolie sortie à l'extérieur dans un environnement le plus évocateur possible et je vais en profiter pour savourer ce délicieux roman".  Ainsi, tu pourras profiter d'endroits que tu n'aurais pas pris le temps de visiter tout en avançant subtilement tes études.  Un roman de Michel Tremblay ? Va t'asseoir sur un banc du Carré St-Louis pour t'imprégner des lieux et t'imaginer que la grosse femme d'à côté va venir te demander une cigarette.  Un roman en campagne ? Va t'installer sur l'ile Ste-Hélène au pied d'un orme et laisse toi caresser par une feuille qui tombe.  Un roman urbain ? Va t'asseoir derrière la Place Ville-Marie à l'ombre des gratte-ciels pour mieux t'imaginer ces espaces d'ombre et de lumière.  Tu pourrais même étudier ta Physique Mécanique assis sur l'Esplanade de la Place des Arts où tu auras une belle vue sur les grues du chantier du CHUM.  Un roman historique ? Va sur le Mont-Royal au Cimetière de la Côte des Neiges et va t'asseoir sur une des milliers de tombes, le dos appuyé sur une pierre épitaphe pour bien te rappeler que les personnages de ton livre sont tous  morts depuis longtemps (probablement pas en faisant le ménage)...  Bon, ça c'est un peu intense, mais ce sont des exemples percutants de ma technique d'inversion.  Le plaisir dans la corvée.


J'ai profité de l'allégorie ci-dessus pour énumérer plusieurs lieux qui m'inspirent pour flâner à Montréal.  Oui, je l'sais, tu peux aussi aller à côté du Centre Bell et t'asseoir au pied de la statue de Maurice Richard pour revoir tes plans de jeu (si tu fais ça, laisse un verre à café à tes pieds, tu pourrais faire une couple de piastres).  N'oublies surtout pas que le repos est un partie importante de l'entraînement et surtout ne gaspille jamais un moment de flânerie.  Flâne avec classe, mais le moins possible en classe.  Flâne dans le coin, mais jamais dans les coins.  Et surtout, back-check, back-check, ma belle flâneuse pressée.

G le goût de commencer le G, mais j'ai une petite torpeur soudaine...