Bagel. Tu ne pensais quand même pas que j'allais prendre un chemin aussi direct en faisant "B pour Bouffe" pour te parler de nourriture. Je préférais aborder la chose par le trou du bagel.
Mais quoi que tu fasses, il y a aura toujours un trou dans les bagels. Si je te demande si tu aimes les bagels, je suis sûr que tu vas dire que oui. Même si tu réponds non, ça n'a aucune importance, car je suis convaincu que tu n'as jamais mangé un véritable bagel. Crois-moi, quand tu auras mis les pieds dans une bégueulerie digne du nom à Montréal, tu n'en oublieras jamais l'arôme irrésistible et tu comprendras en croquant dans ton premier vrai bagel que Gadoua, Pom et les autres industriels ne nous vendent qu'un vulgaire pain brioché avec un trou dans le centre.
Les bagels sont d'origine juive et il y a justement une grande communauté juive à Montréal, la deuxième en importance en Amérique après New York. Et justement, comme les pionniers du bagel à Montréal proviennent d'une région spécifique de la Pologne, leur recette spéciale a donné une personnalité particulière au bagel montréalais qui l'oppose à celui de New-York. Le bagel serait né en 1683 quand un roi de Pologne a sommé sa cavalerie de repousser une invasion turque aux portes de Vienne. Pour remercier le roi, un boulanger a créé ce petit pain en forme d'étrier (d'où le trou). En allemand, étrier se dit "bügel", de là le mot bagel. Mais je n'ai jamais compris pourquoi on a fait sauter le u devant le e pour durcir le g (On dit guel, alors que c'est écrit gel). Ça doit être comme Josh Gorges (qu'on prononce Georges). Ma foi. Les bagels sont un très bon choix santé, se dégustent comme repas (fromage à la crème - ou en tranches, beurre, beurre d'arachides) ou en dessert/déjeuner (confiture, Nutella) et ne sont pas chers pantoute. La vraie affaire (pour avoir l'air d'une initiée), c'est nature, graine de pavot ou sésame. Il y a des variantes exotiques (au chocolat, aux oignons, etc), mais c'est comme la poutine aux piments, ce n'est pas authentique.
Les bagels sont d'origine juive et il y a justement une grande communauté juive à Montréal, la deuxième en importance en Amérique après New York. Et justement, comme les pionniers du bagel à Montréal proviennent d'une région spécifique de la Pologne, leur recette spéciale a donné une personnalité particulière au bagel montréalais qui l'oppose à celui de New-York. Le bagel serait né en 1683 quand un roi de Pologne a sommé sa cavalerie de repousser une invasion turque aux portes de Vienne. Pour remercier le roi, un boulanger a créé ce petit pain en forme d'étrier (d'où le trou). En allemand, étrier se dit "bügel", de là le mot bagel. Mais je n'ai jamais compris pourquoi on a fait sauter le u devant le e pour durcir le g (On dit guel, alors que c'est écrit gel). Ça doit être comme Josh Gorges (qu'on prononce Georges). Ma foi. Les bagels sont un très bon choix santé, se dégustent comme repas (fromage à la crème - ou en tranches, beurre, beurre d'arachides) ou en dessert/déjeuner (confiture, Nutella) et ne sont pas chers pantoute. La vraie affaire (pour avoir l'air d'une initiée), c'est nature, graine de pavot ou sésame. Il y a des variantes exotiques (au chocolat, aux oignons, etc), mais c'est comme la poutine aux piments, ce n'est pas authentique.
Deux incontournables (très près de la rue du Parc). C'est peut-être un peu loin de ton chez-vous, mais une fois que tu auras vu l'original sur place, l'astuce est de trouver un distributeur près de chez-toi.
- Fairmount Bagel, 74 Fairmount Ouest (donc à l'Ouest de St-Laurent)
- St-Viateur Bagel, 263 St-Viateur Ouest (idem)
Après le bagel, et je dirais loin derrière, Montréal est reconnu pour son sandwich à la viande fumée. Il s'agit en fait de viande de boeuf qui a été traité dans un fumoir et épicée selon une recette spéciale et servie dans du pain de seigle qui donne un sandwich d'une épaisseur impossible à se rentrer dans la bouche sans se disloquer le mandibule. J'exagère. Je te donne en mille l'origine ethnique de cette spécialité montréalaise: Eh oui, c'est aussi un truc juif. Je pense que tu dois l'essayer au moins une fois, mais n'en fait surtout pas une habitude, c'est gras, plein de nitrites et c'est overrated comme on dit en anglais. Il y a quelques places célèbres, mais les meilleures places perdent graduellement leur côté pittoresque (comme le défunt Ben's). Je suggère d'aller faire la file au moins une fois (en hiver à -15C) à la Charcuterie Hébraïque Schwartz's au 3895 Boulevard Saint-Laurent. C'est plus pour la salle weirdo et graisseuse que le sandwich en tant que tel.
Bien des touristes insistent pour inclure la poutine dans les spécialités culinaires associées à Montréal, mais je ne t'apprendrai rien en te disant que c'est plutôt un plat du centre du Québec inventé à quelque-part au pays de Mamie. Montréal est probablement la pire place de la province pour déguster une bonne poutine: je n'ai encore trouvé aucun endroit qui s'approvisionne en bon fromage en grain frais. Si tu trouves un compétiteur digne de Qualité Summum ou Ashton's, tu nous fais signe.
Pour le reste, je ne commencerai pas à t'expliquer comment faire ton Métro, ton IGA ou ton Loblaw's, mais sache que deux endroits méritent au moins une visite au temps des récoltes:
- Marché Atwater, 138 avenue Atwater (Métro Lionel-Groulx)
- Marché Jean-Talon, 7070 Avenue Henri Julien (Métro Jean-Talon)
Ce sont des marchés publics à ciel ouvert où on trouve de beaux produits frais. Le piège, c'est de s'emballer devant tant de belles victuailles et de se retrouver avec une expérience de chimie organique dans le fond de son frigo en faisant le ménage à la fin de la session d'hiver (comme je disais au début).
Si on est ce que l'on mange, jusqu'à date on peut dire que tu as toujours mangé belle et intelligente. C'est parfois un petit défi avec un budget d'étudiant, mais je suis confiant que tu sois capable d'y arriver sans tomber dans le trou (du bagel). Bon appétit.
Le C se laissera un peu désirer, mais sera livré bientôt et ce ne sera pas Coderre...



